Mes lisieres, remix du roman d’O.Adam

Je me suis garé sur le trottoir d’en face. J’ai jeté un œil dans le rétroviseur. Sur la banquette arrière, Milan rassemblait ses affaires, le visage caché derrière un long rideau de cheveux blonds. A ses côtés, Ulysse s’extirpait lentement du sommeil. Six mois n’avaient pas suffi à m’habituer à ça. Cette vie en pointillés. Ces semaines volées, une sur deux. Ces lundis matin. Ces 7 jours à attendre avant de les revoir. 7 jours d’un vide que le téléphone et les messages électroniques ne parvenaient pas à combler. Comment était ce seulement possible? Comment avions nous pu en arriver là? J’ai tendu ma main vers mon grand et il l’a serrée avant d’y poser un baiser.

-Ça va aller, papa? Ça passera vite tu sais…

J’ai haussé les épaules, esquissé un sourire qui ne trompait personne. Il est sorti de la voiture, suivi de son frère, boudeur. Ulysse resterait avec moi si on le lui demandait, j’en suis convaincu, notre relation est trop forte. Mais bon…j’ai attrapé leurs sacs au dos dans le coffre et je les ai suivis.

Ulysse me rejoint, glisse sa petite main dans la mienne:

« Papa, j’ai fait un rêve…J’étais un tigre, blanc et noir, normal, toi aussi t’étais un tigre, mais orange, comme Diego, tu sais, dans l’age de glace, et on je me battais contre Milan, un tigre noir…

—-ils s’adorent mais subsiste une rivalité entre frère——-

et là, tu voulais me faire un câlin, mais comme tu ne pouvais pas rentrer tes griffes,  tu m’as blessé, et du coup je suis tombé dans l’eau, mais maman est venue et elle m’a rattrapé »

matière à ruminer

De l’autre côté de la rue la maison d’Alex où je n’avais pas ma place. Où habitait un autre homme, avec qui elle répétait sans doute ces mêmes gestes, caresses, sourires et soupirs, ces mêmes mots qui pendant 12 ans n’étaient que pour moi. J’avais le sentiment alors de n’avoir jamais compté pour elle. Je n’étais plus qu’un fantôme, une enveloppe vide, une branche morte.

Alex se tenait dans l’encadrement de la porte, souriante, une main déjà posée sur ce ventre qui s’arrondissait doucement. Impossible pour moi de la toucher, de lui faire la bise. Comme un greffon rejeté. Tout avait changé, si vite.

-T’es en forme, ai je tenté, et j’étais parfaitement sincère. Depuis que nous étions séparés Alex resplendissait, quelque chose en elle semblait libéré d’un poids, et il fallait bien que je me résolve à accepter que ce poids, c’était moi.

Je n étais certes pas facile à vivre, éternellement frustré, jamais content, irrationnel, un peu perdu malgré mes 40 ans. Mais est ce que je méritais qu’on me laisse tomber après toutes ces années, aujourd’hui, quand je suis sans salaire, sans travail, dans une région ou je ne connais personne, amputé la moitié du temps de ce qui a représenté le centre de mon univers ces dix dernières années, mes deux enfants?

…..

…..

Milan était assis sur le canapé déjà ailleurs, dans ses yeux en minuscule les gesticulations des youtubeurs qu’il suivait sur sa tablette, « my girl » de Nirvana filtrait à peine de son casque. Depuis toujours ce gamin m’épatait, ses lectures, ses intérêts, les musiques qu’il écoutait, tout témoignait d’un esprit libre, affranchi des diktats télévisuels et des emballements de groupe, il n’avait pas peur de se distinguer. Il assumait son dégoût du foot, des rappeurs bas de gamme, de la religion, quand moi à son âge je tapissais les murs de ma chambre de numéro 1 du top 50 et de voitures rutilantes pour coller au plus près de ce qui me semblait être la norme. Et le soir accroupi à côté de mon lit je priais un Dieu auquel je refuse de croire pourtant, qu’il veuille bien éloigner la mort encore un peu, qu’il me donne un peu plus de force, un peu plus d’amour…

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Pourquoi la Réunion 974

requiemIl existe aussi une autre version qui pourrait expliquer ma venue à la Reunion…

Encore une histoire d’amour, si on veut. Kali. j’écris son prénom et c’est comme un courant électrique derrière ma nuque on/off les sensations affluent. J’ai réussi un tour à la Houdini, la faire disparaître dans un recoin de mon esprit, mais comme les tueurs en série qui retournent systématiquement pèleriner sur le lieu du crime, armé d’ une pelle je m’en vais déterrer cette vieille histoire, vérifier si son cadavre pue toujours autant, s’il m’arrache encore des torrents de larmes, de sang…  (J’en fais un peu trop? Pour le sang ok mais j’ai auto-diagnostiqué une forte hémorragie des glandes lacrymales.)

A l’époque je cherchais une relation harmonieuse, les deux précédentes m’avaient laissé lessivé, incapable de construire un projet professionnel tellement je me débattais pour me sentir aimé…

Et là je rencontre Kali. Chaos. Grande rousse le genre de fille qui m’impressionnait tellement que je passais en mode furtif chaque fois qu’on se croisait. Toujours très entourée. Et puis mon pote Ju a fait le lien, parlez en lui il le regrette encore. J’étais aussi rouge que ses dreads. C’était comme une évidence. Là tous les deux, accrochés par un lien invisible. On ne s’est plus quitté.

C’est quand elle est venue habiter chez moi que ça s’est compliqué– assez vite en fait——

Kali était magnifique, mais c’était aussi un nid à embrouilles comme j’allais le découvrir. Comme une ombre maléfique au dessus d’elle, la came …C’était une tox, l’époque des rave-party ni le début, ni la fin, le passage dans le dur. Quand les teufeurs ont oublié qu’ils étaient là pour une fête. C’est lors d’une teuf dans une forêt que je l’ai connue, défoncée à l’héro ou à la kéta je sais plus. J’imagine parfois que qui l’a attirée c’est justement mon détachement à l’égard des drogues,

-mhhh un peu relatif on le verra plus tard-

ça lui changeait de toutes ses relations intéressées basées sur des mensonges réciproques.mexican-sugar-skull-tattoo-designs

Vivre avec Kali. 

Ses grands yeux verts lui permettaient de voir à travers la matrice, elle appliquait le principe de la déconstruction à tout, à ses peintures même, à elle. Un esprit libre, une conscience aiguë, ce qu’elle disait, ce qu’elle faisait, tout venait d’elle, elle n’empruntait à personne.J’admirais ça chez elle. et je la détestais pour ça aussi. Parfois sa logique l’entraînait à élaborer des discours paranoïaques, délirants, ou chaque idée nouvelle justifiait la précédente rendant une cohérence apparente à un ensemble délirant. Et la drogue. Et les mensonges. Quand tu vis avec une tox il vaut mieux ne pas se demander comment elle obtient sa came surtout que tu connais l’état de ses finances.

^ Mais tu te le demandes forcément surtout quand elle est aussi belle que kali. Bref, c’était vite devenu l’enfer entre nous. Chaque jour un peu pire. Une escalade…comme si quelqu’un montait le volume progressivement, les mots se durcissaient dans nos bouches, les poings se crispaient. Aujourd’hui je le vois bien, c’était écrit, mais alors j’étais aveugle. Puis c’est arrivé. Je ne me cherche pas d’excuses, j’explique c’est différent. J’ai assumé. Pour ceux qui ne me connaissent pas je précise quand même je ne suis pas quelqu’un de violent au contraire. je ne me suis presque jamais battu et les seules fois je me suis fais…éclater. Je fais de la boxe dans l’espoir de récupérer un peu de cette hargne, volonté de gagner qu’il me manque, mais là aussi je perds souvent.

Le déclencheur? Le sujet? je ne m’en souviens plus, connerie.

Elle est là, plantée dans le salon, en manque, à me HURLER à 5 cm du visage, une moitié de portable dans la main l’autre gît en version puzzle en bas du mur. Elle hurle des insultes, sur ma lâcheté, mes compétences sexuelles, des regrets sur sa vie à mes côtés…Et je craque, à ce moment là je la hais, une impulsion soudaine pour que cela s’arrête et je lui lui fracasse le nez d’un coup de tête…La suite? je l’emmène aux urgences, sa soeur arrive plus tard aussi, nous décidons de ne plus nous voir pendant un moment. Tout aurait pu s’arrêter là.

Mais non

Presque une semaine plus tard la voilà qui re débarque, pour récupérer ses affaires au départ, puis elle veut dormir sur le canapé. Moi je suis pas très chaud sur le coup, son départ m’a éclaircie les idées, et je ne suis pas fier de ce que j’ai fais, j’ai besoin de réfléchir. Mais je m’en veux, et son pansement sur le nez lui donne un petit air tank girl tain je la kiffe.

Lendemain nouvelle engueulade…je me tire…cette fois. Je reviens peut être une heure et demie plus tard, et là dans ma rue,devant chez moi il y a toute une escouade de gendarmerie, enfin 2 voitures. Les gendarmes sont à l’intérieur ils discutent avec Kali, c’est la dernière fois que je verrais ses yeux, en pleure, j’éprouve de la peine à ce moment pour elle.

Il y a peut être 200g de shit sur la table, je confirme mon identité et ils m’embarquent. Ils ont trouvé les extas, une centaine de cachetons, un peu de C. et surtout je suis accusé de séquestration. Kali les a appelé, elle a dit que je la retenais contre son gré. Bien sûr quand ils sont arrivés la porte était encore ouverte, l’accusation n’a pas tenu, par contre elle leur a montré ce que je possédais, vendu mes potes je l’apprendrais plus tard, et a porté plainte, coups et blessure.

Je suis passé assez rapidement au tribunal, avec Mat, un ami et mon dealer de surcroît qu’elle a dénoncé. J’ai laissé ma mère me trouver un avocat, une amie à elle plus habituée au prud’homme. (« Maître la robe n’est pas une option » la tance le juge). Ça s’est passé genre 2 mois après l’affaire Cantat, incroyable de malchance. J’ai pris 1 an ferme, et je n’avais pas de casier…Je suis resté presque 6 mois à la maison d’arrêt de Bourg en Bresse. Mat s’en ai beaucoup mieux tiré il n’a eu que du sursis et mise à l’épreuve…pourtant ils en ont trouvé de la came à son domicile, 1kg de shit, coke héro…Mais lui n’a pas frappé sa compagne. Kali ne s’est même pas présentée à la barre, moi qui comptait là dessus pour qu’ils s’aperçoivent à quel point elle est cinglée, raté.

Cerise sur le gâteau? Elle a également balancé un autre pote, Jé, qui possédait des garages pour planquer des go fast…les flics ont remonté toute une filière plus tard grâce à elle…Des gros lascars sont tombés, de Marseille à Paris…Et du jour au lendemain je suis devenu tricard dans ma petite ville. J’ai flippé, je suis parti.

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un peu de moi

Je ne vais pas le cacher j’ai d’abord besoin de raconter ce qu’il m’arrive, une mise à nue devant un miroir, afin de comprendre

puis

prendre les bonnes décisions

Je suis un homme, j’ai 41 ans et 2 enfants voila ce qu’il reste quand on enlève tout

J’ai eu un rêve, un seul, qui m’a tenu des années, emmener ma famille vivre ailleurs, quitter la grande ville, s’installer au bord d’une plage, vivre simplement. C’est ce rêve qui m’a naufragé.

L’histoire a commencé à 2, un mythe qui tenait notre couple. Je trouvais un travail, je suis devenu instit, et elle accomplissait son rêve, médecine. Puis nous partions offrir le monde à nos enfants.

12 ans plus tard, arrivée à la Réunion, je me mets en disponibilité ( 0 salaire) elle commence son travail d’Interne, la vie nous sourit…mais passe un cyclone puis un autre et en 3 mois elle part vivre avec un collègue, tombe enceinte…

J’en suis là aujourd’hui, pas d’amis sur cette île, mes enfants 1 semaine sur 2, pas ou peu de perspectives de travail, pas d’argent évidemment

Je ne fais RIEN de mes journées…De temps à autre je déambule en ville, me fais un bar le soir, inscris sur OVS, couchsurfing et même un moment sur adopt… Je rumine des idées suicidaires mais je n’ai pas l’intention de passer à l’acte, elles traversent, c’est tout. J’ai peur en fait.

Tout le temps

Mes enfants sont mon oxygène, 10 ans que je vivais pour eux, à travers eux

Sans eux je me sens une coquille vide

bah je suis pas inspiré pour parler de ça

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j’écris donc j’existe

 

Pourquoi ce blog?

Parce que j’ai envie d’écrire, que j’espère toucher ne serait ce qu’une personne

     Partager mon expérience

          Fuir la solitude qui m’envahit

                 Parce que la vie n’est pas juste et que cela me donne envie de crier

 



 
 
quand le futur a t il cessé d’être une promesse pour devenir une menace? palahnuik

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